Jean-Robert Cain, qui n’est autre que l’organiste de l’église marseillaise Saint Vincent de Paul dite “des Réformés”, interroge Michel-Marie Zanotti-Sorkine, qui en est le curé et seul prêtre, et transcrit ses réponses. Ce livre d’entretiens relate pour l’essentiel le parcours du combattant que MMZS a dû effectuer pour être enfin ordonné prêtre à l’âge de 38 ans, et se termine sur son apostolat dans cette église néogothique du haut de la Canebière, naguère quasi-abandonnée, où il réunit aujourd’hui à la messe du dimanche dans les 500 personnes, 700 les jours de grandes fêtes, et où il a réussi , en six ans à baptiser plus de cent adultes, à en préparer 167 à la confirmation, et à dynamiser autour de lui une soixantaine de volontaires pour l’aider dans les tâches subalternes (nettoyage parfait, fleurs, impression du bulletin, préparation des feuilles de chants etc.) sans empiéter, surtout, sur les tâches propres du prêtre qu’il se réserve jalousement, et dont il manifeste la singularité par le port constant de la soutane. Son bureau ne désemplit pas, ses homélies sont “attendues comme le Messie”. Son secret : une église entretenue “en beauté” et toute la journée ouverte, un horaire respecté (notamment pour les confessions) une atmosphère paroissiale familiale, une disponibilité totale, un accueil facile et sans rendez-vous… Qu’est-ce qui le soutient dans de longues journées harassantes, au cours desquelles il a encore trouvé le moyen d’écrire quelques ouvrages, à part sa santé de fer, dont il ne dit mot ?