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Nos enfants gâchés
Petit traité sur la fracture générationnelle française
Natacha Polony
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Livre Prix : 16,00 € Disponibilité : 48h Livrable avant Noël !
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Nous subissons aujourd'hui une fracture grandissante, encore peu visible mais très profonde : alors que l'époque vénère la jeunesse et ses " valeurs ", toute une frange de la population pressent, sans oser le formuler, que les jeunes souffrent de lacunes graves. Nous avons dilapidé l'héritage et refusé de transmettre les œuvres, les récits, les valeurs et les codes qui faisaient la civilisation. Et nous avons inventé la génération culturellement spontanée. Beaucoup de parents et de professeurs constatent déjà les dégâts sans oser en faire état. Mais l'école, dernier lieu de transmission dans nos sociétés modernes, n'est que la partie émergée de l'iceberg. C'est la France qui disparaît dans les limbes : la langue, la logique, les références culturelles sont atteintes, au nom d'une idéologie qui dépasse largement le clivage gauche-droite et sa déclinaison en traditionalistes et modernistes. A l'heure qu'il est, les classes moyennes et les élites proclamées sont touchées par cette déculturation. Cette fracture fragilise d'abord le tissu économique : celui qui ne sait ni qui il est ni d'où il vient ne va nulle part, et ne produit rien. Dans une société qui cultive la haine du passé, qu'advient-il de la " culture commune " ? Par idéologie, par indifférence et par soumission au cours des choses, nous mettons l'avenir en danger.
À qui s’interroge sur l’avenir de sa progéniture au sein du « milieu socio-éducatif » français contemporain, on ne saurait trop conseiller la lecture de l’alerte ouvrage de Natacha Polony. Agrégée de Lettres modernes démissionnaire, maintenant journaliste à Marianne après un passage éclair dans le monde politique, la jeune femme désigne sans fausse pudeur, sans atermoiements et sans peur le seuil critiqueaujourd’hui atteint par le système entier d’enseignement de notre pays. Ce sont tous les motifs de transmission qui sont touchés, tous les liens générationnels qui s’effacent et toute la valeur de l’héritage qui s’affaiblit, assène-t-elle dans Nos enfants gâchés. Posant avec acuité le problème auquel est confronté un régime politique dont l’idéologie consiste principalement, au nom d’une prétendue liberté, à nier la vertu de l’autorité du maître légitime– autorité qui, rappelle-t-elle, fut toujours au contraire le mode principal d’accession à la liberté – Natacha Polony se proclame avec un certain panache « réactionnaire de gauche » et en appelle aux traditions humaniste et antique pour sauver ce qui de nos esprits demeure. Fille de la République et de son école, elle n’ignore pas combien la volonté quasi-totalitaire de façonnement des citoyens à l’époque de la IIIe a contribué à la crise des institutions actuelles. Cependant, quand la nation, la famille, les Églises, les syndicats et les partis ont failli, elle veut conserver cet espoir insensé que le renouveau viendra de l’école. Elle crie qu’on la refonde, et avec elle une civilisation, une France. Puissent les hommes de bonne volonté n’y pas rester sourds.
Jacques de Guillebon dans La Nef, n°161, juin 2005





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