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En canot sur les chemins d'eau du Roi
Une aventure en Amérique
Jean Raspail
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Livre Prix : 20,00 € Disponibilité : Habituellement expédié sous 6 à 10 jours Ajouter à ma commande Recommander ce livre à un ami |
" Notre monde à nous, c'était le chemin d'eau. Un grand silence nous entourait. Nos canots se frayaient leur route à travers un no man's land de deux cents années, soit le temps qui nous séparait des découvreurs et des pionniers de l'ancienne Amérique française. " (Jean Raspail)
1949. Jean Raspail a vingt-trois ans et un rêve : descendre en canot du Saint-Laurent à La Nouvelle-Orléans sur les traces des premiers explorateurs français. Sept mois durant, avec trois compagnons, il va affronter intempéries, accidents et naufrages, tenant chaque soir son journal de bord. Miraculeusement retrouvées, ces notes sont aujourd'hui l'occasion pour lui de revivre ce singulier voyage et de nous faire partager un extraordinaire récit où l'on croise Champlain, Le Moyne d'Iberville, le père Marquette, Cavelier de la Salle, mais aussi les officiers du Roi, les garnisons des forts... Hymne à la France américaine, ce " voyage d'apprentissage " est aussi une fabuleuse aventure humaine.
Depuis des années, nous suivons Jean Raspail dans des aventures plus surprenantes les unes que les autres. Avec lui, nous avons hissé le pavillon Patagon et nous avons chevauché, au-delà des mers. Au-delà de nous mêmes, dans ce monde du rêve où la réalité finalement se comprend mieux. Avec le dernier livre de Raspail, nous délaissons la Patagonie. Nous laissons à Rome l’anneau du pêcheur. Nous n’entrons plus dans le grand jeu de l’instant sublime où politique et sacré se rencontrent. Nous oublions même les royaumes de Borée ou les yeux d’Irène. Pour une autre aventure. Pour une autre histoire. En 1949, Jean Raspail commence sa vie. Il ne le sait pas. À vingt-trois ans, la tête peuplée de rêves, il décide de conquérir l’Amérique. Pas moins ! Et tant pis pour Colomb ou les vikings. Encouragépar un abbé québécois, comme on n’en fait plus, il recrute des compagnons de rêve et d’aventure. Tout Raspail est là. Toute son oeuvre future germe déjà dans cette aventure américaine. Il ne le sait pas. Et c’est tant mieux. D’ailleurs, s’il le savait, à 23 ans, il n’en aurait cure. Dans ces moments-là, quand on n’a pas le profil d’un élève d’école de commerce, on aime la vie. Avant tout !
Pendant sept mois, quatre garçons de France vont se rendre en canot de Trois-Rivières au Québec à La Nouvelle-Orléans. Pas moins de 5000 kilomètres ! Un véritable raid fluvial pendant lequel ils affrontent les éléments dans une nature qui n’a pas encore été domptée. Rien d’une sortie du dimanche pour touristes argentés en mal de sensation. C’est aussi un raid de la mémoire ou pour mieux dire de la piété. Ils pagayent sur les traces des explorateurs et des missionnaires français qui portèrent aux Indiens l’Évangile et la protection des lys de France. Parmi ces missionnaires, le Père Marquette. C’est sous son patronage que se placent Jean Raspail et ses amis. Et c’est ainsi que revit sous la plume de Raspail l’épopée des Caveliers de la Salle, des Champlain, des officiers du roi morts pour les lys et retombés aujourd’hui dans l’oubli. Au-delà, ce nouveau livre rend aussi un bel hommage au scoutisme catholique français. En tête du canot, flotte au vent le gonfanon des Scouts de France, à la croix potencée et au lys stylisé par Pierre Joubert. Sous la houlette du chef Raspail, les rameurs sont en effet des chefs scouts de France. Ils ne renient pas leur appartenance. Ni hier, ni aujourd’hui ! À l’étape, ils revêtent leurs uniformes. Le soir, Jean Raspail rédige le journal de bord. Perdu et finalement retrouvé, ce journal tenu avec patience, dans des conditions difficiles, a permis à Raspail, près de soixante ans après, de redonner vie à l’expédition Marquette. J’ai vu ce journal. Et j’ai été frappé de m’apercevoir que l’écriture de son auteur n’avait pas beaucoup changé. Et j’ai compris alors que, si En canot sur les chemins d’eau du roi disait beaucoup de l’Amérique française et du scoutisme catholique, il racontait un peu de son auteur. Au fond, Jean Raspail est un écrivain très pudique. C’est aussi pour cette raison que nous le respectons.
Par Philippe Maxence dans la revue La Nef, n°166







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