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Les assassins sont si gentils
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Année : 2006
Editeur : Salvator
ISBN : 2706704365
Notre référence : 23186
Nombre de pages : 308

Présentation de l'éditeur
Quatre amis de longue date ont tout fait pour appartenir à l'élite. Ils manipulent les idées et les êtres humains à la perfection. Mais brutalement, le suicide manqué d'un homme et l'amour de sa femme, bouleversent leur projet d'emprise incontestée sur la vie et la mort d'autrui. Elisabeth Bourgois nous entraîne au cœur d'un thriller redoutable. Cette histoire d'une brûlante actualité plonge le lecteur dans une société où certains ont droit de décider de la vie ou de la mort des autres à leur place...


PARIS, 15 juin 2006 (AFP) - Une infirmière écrit un thriller pour dénoncer l'euthanasie

Infirmière de formation, Elisabeth Bourgois vient d'écrire un thriller sur un sujet qui lui tient à coeur après avoir travaillé plus de dix ans dans un service de chirurgie: l'euthanasie.

Dans "Les Assassins sont si gentils" (Editions Salvator) cette mère de famille catholique veut "remettre les pendules à l'heure". Son roman, inspiré de son expérience, paraît alors que la cour d'assises du Maine-et-Loire vient d'acquitter un homme qui avait aidé à mourir en janvier 2003 sa femme alors en phase terminale d'un cancer.

Une autre affaire vient d'être renvoyée devant la cour d'assises de Dordogne. Etrangement, l'intrigue est similaire --une euthanasie effectuée par une infirmière et un médecin dénoncée par une personne du service. "Je ne connaissais pourtant pas cette histoire quand j'ai écrit mon livre", dit Elisabeth Bourgois, qui a fondé en 1981 l'association Médecine et dignité de l'homme.

Elle veut "faire entendre une autre voix que celle de Marie Humbert et tous ces gens qui disent: +on a le droit de faire ça, on n'est pas coupables+". Elle se dit "choquée par la manipulation des mentalités: on veut faire croire des choses qui ne sont pas vraies".



Jacqueline Picoche pour www.librairiecatholique.com

Les personnages : un quatuor d’ex-soixante-huitards qui ont brillamment réussi et entendent bien faire évoluer la société : Éric Derancourt, avocat , Christian Krozek, médecin, chef d’un service de réanimation, François Conti, animateur d'une l’émission télévisée et Michel Brandt, haut fonctionnaire et journaliste à ses heures.
Les trois premiers se trouvent un beau jour comme par hasard et comme s’ils ne se connaissaient pas, en compagnie d’un prêtre, le P. Loyet, sur un plateau de télévision où François traite de la question de l’euthanasie. Reportage sur le cas de “mort miséricordieuse” infligée par un mari à se femme atteinte de la maladie d’Alzheimer, à la demande de celle-ci, manipulation d’un invité qui se trouve dans une situation analogue et que l’émission pousse à la fois au meurtre et au suicide.
Mais ne voilà-t-il pas que cette émission a lieu le jour même où Gilles Derancourt, le frère d’Éric, vient de rater son suicide et se trouve justement dans le service du professeur Krozek. Ce Gilles, ingénieur dans une grande société américaine où il a gagné beaucoup d’argent, ne supporte pas d’être licencié et acculé à la ruine. Il a épousé une jolie femme, Ingrid qui , au bout de quinze ans de mariage, arrivée à l’âge de quarante ans, ne supporte plus de vivre dans le luxe, sans enfant et sans utilité sociale. Elle a depuis quelque temps, contre l’avis de son mari, repris son métier d’infirmière, et découvre les premiers signes d’une grossesse tardive lorsqu’elle apprend le sort tragique de Gilles. Le personnage principal du roman va être cette Ingrid qui se bat pour mener sa grossesse à terme, malgré les conseils d’avortement que lui dispense son beau-frère, et pour conserver en vie son mari, au moins le temps de lui faire sentir , toucher l’enfant qu’il ne connaîtra jamais.
D’accord avec Eric, Krozek euthanasie Gilles qui n’a d’autre avenir que de végéter pendant de longues années sans mouvement ni conscience, mais s’arrange à faire endosser à Ingrid la responsabilité de son acte, afin de fournir à Éric un procès spectaculaire propre à faire avancer la cause de la légalisation. Or, celle-ci refuse ce jeu avec horreur, et s’obstine à nier, ce qui la rend plus difficile et moins intéressante à défendre ! Comble de malchance, se trouvant dans la chambre d’une amie cancéreuse, femme pieuse, qui au milieu de ses propres épreuves savait la réconforter, au moment où celle-ci meurt, elle se trouve accusée d’une seconde euthanasie ! La dernière partie du récit est consacrée au sauvetage d’Ingrid, aidée par ses parents – avec qui elle n’avait plus de relations - par le prêtre, et par un jeune interne et une infirmière stagiaire qui parviennent à la disculper en prouvant la responsabilité de Krozek dans le cas de Gilles et dans beaucoup d’autres.

Elisabeth Bourgois nous offre là une lecture passionnante propre à occuper une longue soirée. Elle a d’autant plus de mérite à soutenir l’attention du lecteur qu’il s’agit d’un roman à thèse qui s’inscrit dans les polémiques actuelles autour de la légalisation de l’euthanasie.
L’argumentation de l’auteur, dissimulée dans l’intrigue et des fragments de dialogues, repose sur l’opposition entre les personnages froids qui ne raisonnent qu’en terme de qualité de survie, de coût de cette survie et de lits d’hôpitaux disponibles et les personnages sensibles pour qui donner la mort à un être aimé même consentant, même inconscient, est un drame dont ils n’arrivent pas à se consoler. Au Père Loyet revient le rôle d’exprimer la crainte d’une “dérive” permettant de passer de quelques cas particulièrement tragiques (mais sait-on jamais ce qui se passe dans l’âme d’un être humain apparemment inconscient ?) à la suppression sans scrupule d’individus gênants en beaucoup plus grand nombre. A son avis le problème n’est pas de supprimer ceux qui constituent un fardeau pour leurs proches, mais d’aider efficacement ceux pour qui ils constituent ce fardeau, ce que font, en somme les “sauveteurs” d’Ingrid. Il est douteux que ce roman convainque les partisans déterminés de l’euthanasie, mais, convenablement distribué, il peut donner à réfléchir à un vaste public