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L'affaire Vanneste
La mise à mort de la liberté d'opinion
François Billot
Livre
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Année :
2008
Editeur :
François-Xavier de Guibert
EAN13 :
9782755402476
Notre référence :
31553
Nombre de pages :
199

Présentation de l'éditeur
L'affaire Vanneste est une affaire d'État. Elle doit être qualifiée ainsi dans la mesure où elle atteint en profondeur les fondements de la démocratie : liberté d'opinion et son corollaire, liberté d'expression. Elle n'intéresse pourtant que peu de monde : l'ébranlement de la société qu'elle génère se produit dans l'indifférence majoritaire. La France pense être un pays de liberté.

Derrière l'apparence flatteuse, est-ce encore vraiment la réalité? Ou bien serions-nous devenus, sans nous en apercevoir, un peuple de rhumatisants... dans l'ordre de la pensée?

Pour nous en rendre compte, revisiter l'affaire Vanneste sera un petit test d'effort, un parcours de santé, une occasion de nous dégourdir les jambes et les méninges, tant il est vrai que, selon le bon mot d'un hebdomadaire satirique paraissant le mercredi, " la liberté ne s'use que si on ne s'en sert pas "!
 


Recension


François Billot est président de la Fédération Banque Finance Assurance de l’UMP, et son livre est préfacé par l’avocat pénaliste Jean-Yves le Borgne qui défendit Christian Vanneste lors de son procès en appel.

Le 7 décembre 2004, alors que le Parlement discutait de l’opportunité de créer une Haute Autorié de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité (HALDE) et d’introduire la discrimination pour cause d’ “orientation sexuelle” parmi les discriminations qu’elle devrait combattre, le député du Nord Christian Vanneste, 60 ans, docteur en philosophie, soutint, l’opinion que le comportement homosexuel est inférieur au comportement hétérosexuel parce qu’il n’est pas “universalisable”, autrement dit parce que si tout le monde était homosexuel, ce serait la fin de l’humanité. Il s’appuyait pour soutenir son propos non sur l’autorité de la Bible , mais sur celle du philosophe Emmanuel Kant, père des Lumières, tout à fait présentable dans une république laïque.
Grand brouhaha dans l’assemblée où, du moins il était protégé par son immunité parlementaire. Les médias s’emparent de cet adjectif “inférieur” et lui donnent une faramineuse importance. Le député est harcelé par courriers et au téléphone, et invité dans des émissions - pièges où il répète, pour s’expliquer, ce qu’il a dit à la chambre hors de laquelle l’immunité ne joue plus. Ses propos sont tronqués, les soutiens qu’il reçoit sont dissimulés. Il est attaqué pour diffamation et se voit condamné à payer amende, dommages intérêts, frais de justice, insertions du jugement dans la presse, le tout pour une somme très importante. Il fait appel et sa condamnation est confirmée. Il se pourvoit en cassation.
Arrivent les législatives de 2007. L’UMP lui retire son investiture et il doit s’affilier au Centre National des Indépendants pour pouvoir se présenter. Coup de théâtre : à la consternation de ses persécuteurs, ce député efficace sur le terrain et très populaire dans sa circonscription est réélu au premier tour avec une très confortable majorité.

Cette histoire est instructive à toutes sortes de titres. Vanneste habite un pays où la “communauté” homosexuelle ne représente pas plus de 2 à 3% de la population ; il appartient à un parti dont la plupart des membres sont, comme l’ensemble de leurs électeurs “de droite”, défavorables au mariage des homosexuels et à ce qu’ils adoptent des enfants ; il est citoyen d’une nation qui met, en théorie, la liberté d’expression au nombre de ses grands principes ; ses défenseurs présentent, dans ses deux procès, des arguments juridiques extrêmement solides, et il suffit de l’entente des médias et d’un lobby très minoritaire, mais très organisé, axé sur la destruction de la morale traditionnelle, pour qu’il lui soit pratiquement impossible de défendre son point de vue, pour que les autorités morales soient terrorisées et réduites à l’autocensure, et pour que ses propres confrères, avec l’aide de l’institution judiciaire, organisent sa mise à mort politique. Le livre a d’ailleurs des pages du plus haut comique quand il montre ceux qui l’ont calomnié et mis en quarantaine redevenir ses bons amis après sa réélection.

Mais outre le problème de la liberté d’expression, et de la liberté tout court dans une société qui se dit “démocratique”, se pose celui du bien et du mal, du péché toujours condamnable même si le pécheur ne l’est pas forcément, et de la morale familiale dont Christian Vanneste, président de l’association Famille et Liberté est un grand défenseur. Il aurait aimé être soutenu par l’Église catholique qui enseigne ce qu’il affirme, et, effectivement, il reçut une lettre d’encouragement et de félicitations du Vatican.
Mais en France même, les évêques restèrent étrangement muets, et dissuadèrent un “grand témoin” ecclésiastique qu’il avait invité, de participer à son procès en appel. Il ne reçut de soutien que de la part de protestants.

Enfin, Christian Vanneste est de ceux, trop rares, qui osent dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Il a une bonne santé, des nerfs solides, de la persévérance, et fait la preuve qu’une action individuelle de résistance peut être un révélateur extrêmement efficace de diverses tares de notre société. Son histoire révèle notamment que les médias ne sont pas tout-puissants, que leur matraquage n’est pas toujours efficace, et que certaines réactions populaires sont propres à faire sentir aux hommes politiques la distance idéologique qui sépare représentants et représentés.

Ce livre, écrit par un membre de l’UMP, est très important pour tout citoyen français et notamment pour les catholiques convaincus de la sainteté du mariage chrétien et attachés au commandement de Dieu interdisant le “faux témoignage” et la calomnie.

Jacqueline Picoche