Présentation de l'éditeur
Présentation de l'éditeur
Avec la chute au mur de Berlin, un chapitre de notre histoire s'est clos et un autre s'est ouvert. Le post-communisme a généré la post-démocratie, où la démocratie formelle remplace la démocratie réelle. Les clivages politiques s'estompent, la presse est de plus en plus mimétique, le règne de la loi est proclamé mais non respecté, les guerres se déclarent pour des motifs mensongers, les élections sont un spectacle sans enjeux et souvent sans électeurs. La réalité médiatisée impose une image du monde que nous prenons pour le monde.
La post-démocratie annoncée par Bernanos puis par Zinoviev est en marche. Matthieu Baumier montre que la post-démocratie n'est pas l'après de la démocratie mais bien un autre régime dans lequel le mot " démocratie " est instrumentalisé et vidé de son sens. En relevant les caractéristiques de ce nouveau système, il pose une question angoissante : l'Homme post-démocratique est-il encore une Personne humaine ? Cet ouvrage précurseur est un vibrant plaidoyer pour la démocratie.
Michel Lucas pour www.librairiecatholique.com
Ecrivain né en 1968, Matthieu Baumier a écrit des romans et des essais, dont "L'anti-traité d'athéologie". Il collabore à diverses publications, dont "La revue des deux mondes".
Cet ouvrage, d'une brûlante actualité, analyse l'évolution de l'Histoire vécue dans notre Europe, depuis la chute du mur de Berlin jusqu'à nos jours.
Le titre, volontairement provocateur tant le totalitarisme paraît l'antithèse de la démocratie, décrit de façon lumineuse comment le post-communisme a généré la post-démocratie tournant le dos à la démocratie réelle dite Aronienne. Cette situation est le fruit d'un conditionnement des individus rendu possible par l'usage des médias manipulant l'information pour façonner des événements émotionnels, parfois totalement factices, pour que la conscience personnelle s'efface devant la promotion de l'individu. Naît ainsi un régime où le virtuel, conduisant à un retour de l'ésotérisme, trahit le réel et où l'homme quitte son humanité, à la recherche du plaisir et du confort au nom d'une liberté universelle.
L'auteur chrétien éclairé par l'Ancien et le Nouveau Testament fait, dès le début de l'ouvrage, une analyse sans concessions de la situation dramatique où l'homme va se perdre, au point où le désespoir pourrait laisser croire qu'il est trop tard et que seul l'anathème est encore de mise.
Mais, se référant autant à saint Augustin qu'à saint Thomas d'Aquin, à l'encyclique de Jean-Paul ll "Veritatis splendor" qu'au catéchisme de l'Eglise catholique et au Compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise, la lumière de l'Espérance revient.
Si M. Baumier dit : "Nous sommes entrés dans la nuit depuis le Nazisme en 1933" il rejoint Jean de la Croix affirmant "la nuit est la condition de l'Espérance". Viennent aussi à son secours Pierre Emmanuel : "Je suis certain que la foi est le printemps du monde" et le cardinal de Lubac "l'Eglise nous propose toujours le Dieu vivant qui a fait l'homme à son image".
Un livre à lire et à faire lire parce qu'il montre clairement les causes des maux profonds dont souffre notre société. La prise de conscience de l'effacement de la personne au profit de l'Individu permet de comprendre tous les questionnements actuels sur la bioéthique et le communautarisme.
L'échéance présidentielle de ce printemps se jouera aussi sur cela. La République saura-t-elle se rétablir par l'expression des Personnes que sont les électeurs, et non celle des seuls individus ?...sur les devoirs de l'homme citoyen, ou seulement les droits illimités des individus en recherche prioritaire de l'hédonisme et des plaisirs ? C'est le sort de l'humanité qui est en jeu.
Recensions
La Nef
Les bornes sont dépassées, les
ultimes murs de défense écroulés,
les dernières redoutes à prendre,
une à une. Si vous imaginiez
encore vivre sous un régime
humaniste, ou bien dans une
époque civilisée, réveillez-vous
et bienvenue dans l’enfer de la
post-démocratie! Notre ami et
collaborateur Matthieu Baumier
brosse ici de l’Occident contemporain,
et de la France en particulier,
un noir tableau dont le
fond de nihilisme mis au jour
laisse pantois.
« Que la confusion
règne à tous les étages est l’un des
signes de la post-démocratie »,
note-t-il d’emblée. Mais qu’estce
donc que la post-démocratie ?
Le temps où les valeurs de la
démocratie sont totalement
inversées. Et précisément, à quoi
l’auteur s’engage dans cet essai,
c’est à montrer sous tous les
modes la corruption politique et
sa méthode, quand elle s’étend
au corps social en son entier. La
démocratie, plaide le procureur
Baumier, a dépassé l’équilibre de
son « moment aronien », c’est-à-dire
qu’elle ne fonctionne plus
que selon une formule unique de
la liberté, devenue virtuelle.
C’est-à-dire qu’elle sombre dans
un chaos que menace un islam
devenu totalitaire, où les médias
pratiquent la pensée unique, où
le « négationnisme individualiste
» détruit la personne
humaine telle que l’avait élevée
le christianisme, où le spectaculaire
s’avance comme le dernier
horizon, où, enfin, la tendance
communautariste fausse les
identités et mutile les appartenances.
La post-démocratie
selon Baumier dispose en fait
dans les apparences du jeu démocratique
des règles nouvelles
et non encore dites que meut,
essentiellement, un antihumanisme
: guerre larvée au christianisme
évidemment, mais aussi
violence d’un pouvoir qui se
veut total sur la vie nue, direction
imposée des consciences. La
démocratie est devenue une
secte. Ni remède neuf, ni consolation
facile, cet essai s’entend
comme un appel au feu, comme
un constat que, s’il est déjà trop
tard pour tout sauver, demeure
cependant la vérité, et le courage
de la dire.
Jacques de Guillebon
L'Homme Nouveau
Rémi Soulié dans l'Homme Nouveau n°1390 du 3 mars 2007
Qu’est advenue notre démocratie ? Pour Matthieu Baumier, elle s’est vidée de sa substance.
Ne reste plus qu’une société de connivences, dont les terroristes ont compris le
fonctionnement. Le dernier rempart reste l’enseignement de l’Église.Il faut s’en réjouir : depuis quelques
années, le libertinage à l’endroit des
dieux de la cité auxquels nous savons,
Ô Socrate, qu’il est préférable de
sacrifier, est vaguement toléré par les
tolérants même si le blasphème
demeure proscrit et plus ou moins
sévèrement puni par ces courageux
impies qui mangent gras le Vendredi-
Saint (au diable la superstition et le
fanatisme !). En redécouvrant ou en
découvrant les vertus de la démocratie
libérale, les anciens sectateurs de la
dictature du prolétariat n’ont rien perdu
de leur superbe, persuadés qu’ils sont,
s’ils ont raté un train de l’Histoire, de
s’engouffrer dans le bon à la prochaine
station : c’est avec le même ton
péremptoire qu’ils célébrèrent naguère
encore la liturgie du Petit Livre rouge et
celle de la Déclaration des droits de
l’homme. Malheur aux hérétiques !
Néanmoins, comme disait Maurice
Thorez en 1934 : « Que les bouches
s’ouvrent ! » Et d’aucuns ne se gênent
plus pour l’ouvrir, en effet, remettant
parfois en cause les articles du Credo
les mieux gravés dans le marbre de la
loi : droits de l’homme, libéralisme,
relativisme, hédonisme,
consumérisme… démocratie.
Des auteurs anti-consensuels
Qu’il suffise de citer les livres d’Alain
Finkielkraut (La Défaite de la pensée,
Nous autres modernes), de Benny Lévy
(La Confusion des temps, Le Livre et les
livres), de Gomez d’Avila (Les Horreurs
de la démocratie), de Jean-Claude
Milner (Les Penchants criminels de
l’Europe démocratique), qui firent certes
l’objet de rappels à l’ordre catéchétique
plus ou moins véhéments par les abbés
Lindenberg (Les Nouveaux
réactionnaires) et Rancière (La Haine de
la démocratie) mais qui toutefois
évitèrent la mise à l’Index.
Voici que l’essayiste et critique littéraire
Matthieu Baumier, bien connu des
lecteurs de L’Homme Nouveau, l’ouvre à
son tour dans La
Démocratie
totalitaire et dans
la lignée de son
Anti-traité
d’athéologie
également paru
aux Presses de
la Renaissance.
Par quel artifice
la démocratie
peut-elle se changer en son contraire
tout en restant elle-même ? Dans son
grand livre, Les Origines de la
démocratie totalitaire, Jacob Lei Talmon
nous a livré la recette de cette alchimie et c’est d’une certaine façon dans sa
postérité que Matthieu Baumier s’inscrit,
tant d’un point de vue théorique que
pratique. Nulle réflexion, ici, sur la
souveraineté ou la volonté générale mais
une conceptualisation du moment
politique que nous vivons, en
l’occurrence la « post-démocratie » ou
« démocratie totalitaire », « état servile
de la société dont l’imaginaire demeure
celui de la liberté et de l’égalité » alors
que la tension entre ces deux passions,
fondatrice du « type aronien »
démocratico-libéral, n’anime plus la
société. À partir d’une discussion serrée
de Tocqueville et à la lumière de ces
deux épisodes cruciaux que furent la
chute du Mur de Berlin et le 11-
Septembre, Matthieu Baumier montre
comment l’idée démocratique s’est
vidée de sa substance au profit d’un
« régime oligarchique » – reprenant
d’ailleurs en cela les réflexions de
Maurras sur la démocratie comme mixte
de ploutocratie et d’oligarchie. Avec
Bernanos et Zinoviev pour escorte,
l’auteur démystifie
radicalement la mise en
scène, par nature
spectaculaire, de la
déshumanisation
volontaire de l’homme.
La post-démocratie est aussi ubuesque
qu’une république bananière ou une
dictature tropicale, le pittoresque en
moins: unanimisme politico-médiatique
(le fameux consensus), société de
connivences, propagande publicitaire etc.
Utopie et apparence
C’est en apparence seulement que le
« totalitarisme vert » de l’islamisme
radical semble s’y opposer
planétairement alors qu’il n’est lui-même
qu’une variante nihiliste de « la
modernité», les terroristes sachant
utiliser à la perfection « le mode de
fonctionnement en réseaux ». Matthieu
Baumier sait fort bien, avec Carl
Schmitt, que toute politique et donc
toute existence pleinement vécue
reposent sur la discrimination nationale
entre soi et autrui conçu
comme ennemi potentiel et il
ne répugne pas à stigmatiser
sur un mode polémique,
« l’individu hédoniste, athée,
néospiritualiste, nourri au lait
de soja et mâchant longuement des
algues (qui) peut, entre deux forums
bavards, rêver d’un autre qui ne soit pas
un ennemi… » Au règne de l’individu
atomisé il oppose finalement, avec toute
la tradition catholique, celui de la
personne reliée, l’enseignement des
papes étant d’évidence l’un des derniers
remparts contre la barbarie, qu’elle soit
politique, eugéniste ou gnostique.
Un livre ambitieux, courageux, précis,
dense, lucide.