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Jacqueline Pascal

La Foi des démons ou l'athéisme dépassé

Fabrice Hadjadj

Livre
Prix :
20,00 €
Disponibilité :
Habituellement expédié sous 6 à 10 jours

 
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Année :
2009
Editeur :
Salvator
EAN13 :
9782706706257
Notre référence :
35156
Nombre de pages :
304

Présentation de l'éditeur
Qui est l'Ennemi ? Un minimum de stratégie commande que nous sachions le reconnaître. Rien de pire que de se tromper d'adversaire. Et pas de plus funeste erreur que de prendre le moins pour le plus dangereux. De nombreux chrétiens estiment que cet ennemi se trouve surtout parmi les libertins et les luxurieux ; or les démons sont des anges et ignorent les plaisirs de la chair. D'autres voudraient qu'il se rencontre d'abord parmi les athées ou les agnostiques ; or «les démons croient, rappelle saint Jacques, et ils tremblent» : pas un article de foi qu'ils ne tiennent pour véridique ! À quoi j'ajoute, puisque ce sont de purs esprits, qu'ils sont partisans de l'idéal et friands de spiritualités. Vous commencez à comprendre ? Vous commencez à trembler, vous aussi ? Pour le dire en un mot, nul ne ressemble plus à l'Ennemi qu'un certain type de croyant. Si bien que le démoniaque n'est pas si extérieur qu'on se l'imagine. Si bien que ce peut être vous - ou moi... Il ne s'agit pas tant ici d'un chapitre arraché à un traité de démonologie que d'une réflexion à la source sur la logique du mal, afin de mieux l'affronter au-dehors de nous comme au fond de nous-mêmes. Ce livre est donc un petit bréviaire de combat (et de vulnérabilité), une leçon de ka(ra)téchisme, pour ainsi dire, afin d'apprendre comme saint Paul à «faire du pugilat sans frapper dans le vide» (1 Co 9,27).
 
Recensions
Famille Chrétienne 
Il est Vivant! 
Pour www.librairiecatholique.com 
À une époque où les homélies qu’on entend à l’église ne parlent plus guère que de “travailler à construire un monde plus juste et plus fraternel” et où plus d’un théologien avance l’hypothèse que l’Enfer – à supposer qu’il existe - est probablement vide, c’est un juif converti, baptisé à l’âge adulte, laïc et père de famille, qui nous met le nez sur les passages de l’Évangile où Jésus met en déroute des démons qui le reconnaissent sans hésiter comme “le Saint de Dieu venu pour les perdre”, alors que ses disciples sont encore dans l’obscurité quant à son identité. Renseigné par de bonnes lectures (outre les auteurs inspirés de l’Écriture, notamment Saint Marc et saint Jacques, ses préférés sont St Thomas d’Aquin, Dostoïevski, Baudelaire, Bernanos), il a une fine connaissance de leur psychologie infernale, et du combat invisible qu’ils livrent dans chaque âme contre la résistance éventuelle que peuvent leur opposer, avec le soutien des bons anges, les êtres humains qu’ils tentent. Non sans s’être assuré de l’aide d’un Révérend Père Bonino o.p. pour la rigueur théologique, et d’une helléniste pour l’exactitude des traductions, ce jeune monsieur de 38 ans (mais Pascal est mort à 39…) nous explique, dans un livre en trois parties comprenant chacune trois “leçons”, qu’une conversion n’est nullement un aboutissement mais le début d’un combat spirituel, qu’à ceux qui ont beaucoup reçu, il sera beaucoup demandé et qu’il y a diverses manières “démoniaques” de pratiquer la religion catholique qui peuvent très bien vous conduire en enfer. En somme comment – pour reprendre l’expression de Paul VI – les “fumées de Satan” peuvent s’introduire dans l’Église. M. Hadjadj ne nous dit pas comment il déjoue les ruses du démon dans les salles de rédaction du Figaro Littéraire, d’ Art Press et de Panorama , périodiques auxquels il collabore, mais il sait que le Diable, qui n’est ni luxurieux, ni paresseux, ni gourmand, ni avide d’argent et de biens matériels, et qui est sur et certain de l’existence de Dieu, est néanmoins voué à l’enfer éternel par les seuls péchés, purement spirituels que sont l’orgueil et l’envie, que le péché des hommes ne peut pas se réduire à la faiblesse et à l’ignorance que pourtant il exploite, et qu’il y a d’irrémissibles “péchés contre l’Esprit”, à l’image de ceux de Satan.

Le père du mensonge manipule notre imagination et nos pensées où il fait surgir des mirages ; il sait que toute chose créée bonne peut être détournée vers le mal et qu’à chaque vertu correspondent deux vices, l’un par excès et par défaut ; il joue d’un excès contre l’autre et fait cultiver aux uns un amour sans vérité qui engendre laxisme et complaisance coupable, aux autres une vérité sans amour qui tourne à la haine du prochain à la diabolisation de l’adversaire. Prince des ténèbres précurseur des Lumières, il nous faire croire qu’il n’existe pas et que, dans un athéisme tranquille, on se tirera d’affaire tout seuls avec de bons sentiments et une science de plus en plus performante. Il prétend faire le bonheur des hommes en les privant de la joie suprême et de la béatitude éternelle. Ayant une foi exacte, il suggère des hérésies sans nombre, sait ajuster les dogmes à l’esprit du monde et à une intelligence moyenne, suscite des débats sans dialogues et des avocats de la foi si mauvais qu’ils font le lit de l’infidélité. Il inspire une théodicée rationnelle qui excuse Dieu de l’existence du mal au lieu de reconnaître que le mal est un mystère irréductible à la lumière de l’esprit humain, auquel ne peut être donnée que la réponse existentielle de la croix et de la miséricorde, l’amour, le secours et le support du prochain dans ce qu’il a de plus charnel et souvent de plus rebutant. Le doute et la nuit obscure font partie du lot du chrétien et valent mieux que le “soleil de Satan”. Si la chrétienté est un risque d’embourgeoisement de la foi, elle est un risque à courir ; toutes ces choses en relation avec l’Incarnation que sont les institutions, les sacrements, l’existence d’un clergé et, en haut de la pyramide, d’un Pape, sont nécessaires. Rien de pire qu’un spiritualisme désincarné.

Tous les dangers ci-dessus peuvent, en dernière analyse, se ramener à la prétention, inspirée à Ève par le Serpent, d’être “comme des dieux”, de prétendre être autonome, vivre comme si Dieu n’existait pas et refuser sa grâce alors que ce qui doit faire notre joie, c’est une grâce que nous n’avons pas méritée. Il est plus difficile d’aimer Dieu et d’accepter de lui être redevable que de croire en lui. On peut, à l’image et sous l’inspiration de Satan, avoir une foi infaillible et tomber dans le pire des péchés. Exégète fier de sa science, on peut écrire beaucoup sur Dieu sans l’aimer et sans lui faire confiance pour la conduite de sa vie, prêcher la croix tout en lui préférant un certain confort mondain, transformer sa foi en idéologie, faire de l’apostolat comme du marketing, avec autoritarisme et amour du prestige. Vouloir faire le bien selon sa propre règle sans se référer à la source de tout bien.

En quoi l’athéisme est –il dépassé ? Un athée militant qui se bat contre des idées fausses de Dieu, un malheureux élevé dans l’athéisme tranquille qui, ne connaît rien d’autre, et fait ce qu’il peut pour le mieux avec ses faibles lumières, ont plus de chances d’être sauvés que le pharisien orgueilleux de sa foi impeccable et méprisant du reste du monde. Le chef-d’œuvre de Satan n’est pas de détruire la foi mais de la récupérer, et M. Hadjadj craint que l’enfer soit peuplé de moins d’athées que de catholiques et même d’apôtres comme Judas. Dans une Église de France qui ne sait seulement pas chanter le Credo en français, il nous rappelle que le Credo n’est pas un croire que… mais un croire en…, un hymne de confiance et de reconnaissance envers un Dieu sauveur.

Jacqueline Picoche
 





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