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Le dimanche, c'est sacré!
Patrice Gourrier
Livre
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Présentation de l'éditeur
Sous prétexte de « doper » le pouvoir d’achat, une proposition de loi a été
déposée à l’Assemblée Nationale afin de modifier la loi de 1906 réglementant
le travail du dimanche, qui demeure actuellement une exception.
Mais en dépit des précautions annoncées, ce projet de loi préfigure le fait
que le dimanche devienne un jour comme un autre, un jour « comme un lundi
» titrait récemment avec un humour grinçant un grand quotidien national.
S’il devait en être ainsi, c’est un équilibre presque bimillénaire qui se verrait
modifier, et plus précisément, l’articulation de l’Homme, du repos et du travail.
En tant que prêtre, en tant que citoyen, le père Patrice Gourrier s’élève contre
cette éventualité. En effet, c’est la place même de l’Homme au sein
de la société qui se verrait modifier, la semaine n’étant plus marquée que
par des jours « ouvrés ». Dans ce combat pour l’homme, rappelle ce court
pamphlet, l’Eglise, souvent accusée d’être toujours en décalage avec son temps,
est depuis longtemps en avance sur son temps ! Le pape Jean XXIII n’écrivaitil
pas dans l’Encyclique Mater et Magistra en 1961 : « C’est aussi un droit
et un devoir pour l’homme, de cesser par moments le dur travail quotidien,
pour reposer ses membres fatigués, pour procurer à ses sens une honnête détente…»
Une prise de position vigoureuse qui nous concerne tous.
Recension
La Nef
Ces deux opuscules offrent
des arguments pour éviter
que le dimanche ne devienne
un jour comme les autres. Les
deux auteurs dénoncent le
tout économique et rappellent
au Président son discours
du Latran: l’un, curé
enthousiasmé, en avait lu des
extraits en chaire et reconnaît
sa cruelle désillusion ; l’autre,
professeur d’histoire, sans
doute plus lucide sur l’imposture
des propos sarkozystes,
se contente de mettre en évidence
la contradiction. Si le
combat est commun, les deux
livres diffèrent sensiblement.
« Grande gueule » sur
RMC, le père Gourrier est privé à l’écrit de l’intensité
sonore revendiquée. Son propos,
assez court, convaincra
sans doute au café du commerce
qui, souhaitons-le, restera
ouvert le dimanche.
On préférera l’argumentaire
plus rigoureux de M.
Fauquier. Tout en tenant
compte des exceptions nécessaires,
l’auteur rejette une logique
qui fait « comme si la
société n’était pas un tissu,
mais une addition d’individus
»; il décrypte habilement
le piège du « au nom de
quoi ? » et y substitue judicieusement
la question « au
nom de qui? »; il propose
des rappels historiques éclairants
(les ineptes « décadi »
révolutionnaires ; le mot de
Kepler sur les protestants qui
« aiment mieux être en désaccord
avec le soleil que
d’accord avec le pape »).
Souhaitons que cette lettre
ouverte persuade largement
que « le repos dominical affirme
le primat absolu de
Dieu, mais aussi le primat et
la dignité de la personne qui
l’emporte sur les exigences
de la vie sociale et économique,
en quelque sorte par anticipation
des “cieux nouveaux”
et de la “terre nouvelle”,
où la libération de
l’esclavage des besoins sera
définitive et totale » (Jean-
Paul II).
Henri Quantin
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