Présentation de l'éditeur
-Père, dit le Pape, vous vous demandez pourquoi nous vous avons fait venir ici à Rome dans des circonstances si inhabituelles. -Oui, Saint-Père. -L'affaire qui nous échoit ne concerne que très superficiellement l'archéologie. C'est un sujet des plus délicats. Je vous demande de garder les choses dont nous allons parler dans la plus grande confidentialité. Père Elijah est le récit d'un moine carme, ancien homme politique israélien et rescapé de la Shoah, appelé par le Pape à une mission particulièrement périlleuse. Sorti de son monastère du Mont Carmel, le Père Elijah se retrouve dans un tourbillon où se croisent les forces les plus ténébreuses. À qui pourra-t-il faire confiance et comment pourra-t-il accomplir sa mission ? L'épreuve à laquelle il est soumis prend au fil des pages une dimension politique et spirituelle des plus complexes et passionnantes. Miroir du monde contemporain et aventure palpitante, Père Elijah donne une profondeur nouvelle aux thrillers du genre. Un récit d'exception écrit par un expert des âmes et un orfèvre des complots.
Recensions
L'Homme Nouveau
Famille Chrétienne
La Nef
Pour www.librairiecatholique.com
Ni la 4e de couverture ni Google ne nous apprennent rien sur la personne de l’auteur, si ce n’est qu’il est “un vrai spécialiste du Vatican”. Qui que ce soit qui se cache sous ce nom ou ce pseudonyme, c’est aussi un grand romancier, et un grand spirituel.
Son roman se situe dans un futur proche, assez semblable à notre aujourd’hui, moyennant un certain grossissement des traits. Aux yeux du Père Élijah, à toutes les époques, quelqu’un a été une figure de l’ “antéchrist”, et des justes ont eu à “laver leur robe dans le sang de l’agneau”. Sommes-nous entrés dans la dernière époque apocalyptique, au sujet de laquelle Jésus demande si le “Fils de l’Homme” , à son retour trouvera encore de la foi sur la terre ? Il n’en sait rien, mais serait tenté de le croire.
Bref, dans ce roman, deux protagonistes, qui sont aussi des antagonistes : David Schäfer, devenu dans son monastère du Mont Carmel, le P. Élijah, et le Président du Monde (sinon le Prince de ce Monde) qui n’est désigné que par son titre, et qui est bien résolu à en finir en douce avec le seul grain de sable qui coince tant soit peu le mécanisme de l’unification universelle : l’Église catholique, qu’il compte annexer en la vidant de sa substance. Leur confrontation est celle de la religion du Dieu qui se fait homme avec la religion de l’Homme qui se fait Dieu.
Le Président, homme charismatique, courtois et cultivé, est entouré de plusieurs cercles plus ou moins fermés de personnages influents du monde de la finance, de la justice, de l’université, des médias, de l’art, qui l’adulent, partagent ses idées et soutiennent son action. En contraste, un vieux et très saint pape, isolé dans son Vatican avec deux fidèles cardinaux, est en butte à l’hostilité sacerdotale de tous ceux qui se sont laissés convaincre par la “tolérance” et les arguments du Président, dont un certain cardinal Vettore, qui passe pour “papabile“. Il résiste vigoureusement à ceux qui prétendent qu’il perd la tête et le poussent vers la retraite, et tire du monastère où il vit depuis vingt ans le P. Élijah pour le charger de la mission combien difficile d’approcher le Président et de tenter de le convertir. Il est vrai que son curriculum vitae peut justifier son choix comme messager: rescapé de la Shoah où toute sa famille a péri, David Schäfer a entamé en Israël une brillante carrière d‘avocat et d’homme politique ; il est l’époux heureux d’une charmante juive nommée Ruth qui lui donne des espoirs de paternité. Sa vie bascule lorsque Ruth meurt avec l’enfant qu’elle portait, dans un attentat terroriste. Converti au catholicisme, il entre dans l’ordre des Carmes et s’il prend en religion le nom du prophète Élie, lointain fondateur de l’ordre, la fin du roman montrera que ce n’est pas sans signification.
Ceci n’est qu’un aperçu du schéma d’un récit extrêmement riche. La façon dont le P. Élijah, qui est un mystique et reçoit des “locutions” du Christ, vit sa foi intransigeante, est rendue tout à fait vraisemblable. Tant dans sa vie actuelle que dans ses souvenirs, Il est entouré de personnages bien typés à côté desquels les mondains qui entourent le Président, font pâle figure. Ils sont extrêmement vivants et selon le moment de l’intrigue, discutent de problèmes théologiques brûlants et actuels en des dialogues très naturels. Citons : un monsignore anglais, William Stangby, le Sancho Pança de ce don Quichotte, qui meurt dans des circonstances plutôt louches, Pawel Tarnowski qui s’est jadis sacrifié pour lui et lui a permis de s’échapper du ghetto de Varsovie, l’excellent cardinal secrétaire d’État, tellement espionné qu’il doit lui donner rendez-vous – et même là, en vain - dans un coin discret des catacombes, un certain don Matteo qui ressemble comme un frère au Padre Pio, le vieux comte polonais Smokrev, qui a tâté de tous les vices et participé en tant qu’acteur à toutes les horreurs de la guerre, athée recuit, qui grâce à Élijah mourra confessé et réconcilié avec le Ciel, et surtout Anna Benedetti, juge internationale, mère de deux grands enfants, veuve d’un homme honnête, bon chrétien, et brillant, mystérieusement disparu, qu’elle soupçonne d’avoir été assassiné sur ordre du Président auquel il faisait de l’ombre. Elle même, une des privilégiées du Président, qui compte sur elle pour séduire Élijah et le détourner de sa mission, est en fait une personne droite et intelligente qui ne cherche que la vérité sur la mort de son mari et finira assassinée à son tour pour l’avoir découverte.
Au terme d’aventures de plus en plus dangereuses, et non sans l’intervention d’un ange, Élijah parvient à libérer le Président des puissances démoniaques qui le possédaient, mais celui-ci ne fera pas de sa liberté l’usage espéré et le “monde” continuera sur sa funeste lancée. Calomnié, accusé de meurtre et menacé d’arrestation, Élijah est exfiltré par le Pape et trouve refuge, sous un faux nom, dans un coin perdu de la Turquie jadis chrétienne, non loin de la maison et de la tombe de la Vierge, où il retrouve ceux de ses frères carmes qui n’ont pas été massacrés, avant de partir, avec le plus humble d’entre eux, mais favorisé de visions, Énoch, surnommé “frère âne”, à pied pour Jérusalem. “Ainsi, Énoch et Élijah descendirent-ils dans la ville, tandis qu’au-dessus d’eux un Airbus virait sur l’aile et amorçait sa descente sur l’aéroport à côté de la mer”. Comme il est dit, dans l’Apocalypse (X, 10-11) : “Je donnerai à mes deux témoins de prophétiser , revêtus de sacs, pendant deux cent soixante jours. Ce sont les deux oliviers et les deux lampadaires dressés devant le seigneur de la terre… .” poursuivez donc cette pieuse lecture jusqu’au chapitre 22, (notamment aux versets 11 à 15), et puisse ce roman extraordinaire faire grandir en vous toutes les saintes pensées qu’il contient en germe.
Jacqueline Picoche